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Une problématique
récurrente
La
reconversion de l’ancienne
boulonnerie Kocher à Nyon, en lofts/ateliers
pose toute la question de
la reconversion de bâtiments anciens en cas de changement d’affectation et
de manière plus précise la problématique de réhabilitation de bâtiments
industriels désaffectés.
Ce projet est destiné à tous ceux qui ont besoin de place pour travailler,
qu’ils soient artistes, architectes ou stylistes.
Cette usine connaît le même sort que des centaines d’autres qui ont dû
fermer leurs portes durant ces trente dernières années, ou qui ont été
délocalisées à cause de la crise économique. Ces friches industrielles ont
été alors détruites, laissées à l’abandon ou plus rarement reconverties en
logement ou en atelier. Ces usines bénéficient cependant d’un espace intérieur qui
offre de multiples possibilités d’aménagement de par la générosité de
leurs volumes. Cela donne des logements aux proportions non conventionnels
mais vraiment intéressants.
Le loft est au sens originel
du terme le dernier étage d’un entrepôt ou d’une usine, cette notion s’est
élargie au fil des années et comprend aujourd’hui tout grand espace vide
destiné auparavant à l’industrie. Les caractéristiques du loft sont un
plan libre, de hauts plafonds, des murs et des sols « bruts », ainsi que
l'absence de confort et de commodités telles que le chauffage,
l’isolation,...
Les premiers habitants des lofts apparurent dans les années 1950 aux
Etats-Unis. C’était principalement des artistes qui recherchaient des
grands espaces à un faible coût ; ces entrepôts à l’abandon étaient
l’endroit parfait pour créer. Ils vivaient avec un minimum de confort et
d’équipement. A part le besoin d’espace, les artistes avaient des raisons
bien plus politiques d’occuper ces locaux. Premièrement ils s’opposaient
au logement idéal de l’époque (petite maison bourgeoise avec jardin),
symbole de réussite sociale. Deuxièmement, ils voulaient préserver ces
lieux, dans lesquels ils voyaient un grand potentiel architectural, d’une
démolition certaine. En effet, ces usines « vides » prenaient de la place
dans les centres-villes qui ne cessaient de s’étendre.
Les lofts ont l’attrait que nous connaissons grâce aux médias qui se sont
intéressés à ce mode de vie par l’intermédiaire des artistes connus qui y
vivaient. Même si en 1970, vivre dans un loft était encore considéré pour
beaucoup comme un signe d’appartenance à la culture « underground », ce
sont aujourd’hui des lieux qui attirent une élite plus bourgeoise
bénéficiant de plus de moyens.
Vivre dans un loft implique une toute autre approche de l’espace, ce n’est
pas vivre dans un 4 pièces cloisonné, c’est un lieu qui échappe aux normes
conventionnelles de la vie domestique et on ne peut l’aménager de la même
manière. Le loft offre la possibilité de jouir de la liberté d’organiser
son domicile à sa guise, même si les puristes prétendent qu’il est
préférable de ne pas cloisonner l’espace et de respecter les
caractéristiques et les matériaux d’origine autant que possible.
La ville de
Nyon est en pleine expansion et manque de logements. C’est en
réalité une cité-dortoir, dont la plupart des pendulaires vont travailler
à Genève. Les loyers sont assez élevés dans cette ville qui compte environ
17’000 habitants. Depuis quelques années, les chantiers ne cessent
d’apparaître pour faire face à la demande, entraînant la destruction de
vieilles habitations et la construction de grands complexes et d’axes
routiers. La boulonnerie Kocher est en plein coeur de ces travaux, qui se
situent principalement dans les quartiers au nord de la gare. Le but du projet
est de reconvertir cette usine et l’intégrer aux chantiers en
cours afin de sauvegarder une trace de ce passé industriel.
Le projet propose un travail d’interprétation des potentialités du lieu et
de la structure du bâtiment existant, avec quelques propositions
originales telle que la création d’une rue intérieure rassemblant les
différentes unités de logement – ateliers de part et d’autre d’un axe
transversal.
Cette réflexion spatiale et organisationnelle s’accompagne d’une réflexion
sur la lumière.
La base du projet se compose en la création d’un atelier de peintre avec
son logement attenant mais séparé par le passage vitré de la rue
intérieure. Des variations de programme sont également abordées pour
tester la potentialité d’accueil du projet : loft/atelier pour un styliste
ou un musicien à la place du peintre.
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