rendu décembre 2006 accueil sections intérieur projets de l’usine au logement
Projet de diplôme :   "De l’usine au logement", reconversion d'une boulonnerie en lofts / ateliers
étudiante :        Valérie DuPasquier
professeur :      Mario Borreggine
experts :          A. Candelas, H. de Giovannini

   


Une problématique récurrente

La reconversion de l’ancienne boulonnerie Kocher à Nyon, en lofts/ateliers pose toute la question de la reconversion de bâtiments anciens en cas de changement d’affectation et de manière plus précise la problématique de réhabilitation de bâtiments industriels désaffectés.
Ce projet est destiné à tous ceux qui ont besoin de place pour travailler, qu’ils soient artistes, architectes ou stylistes.

Cette usine connaît le même sort que des centaines d’autres qui ont dû fermer leurs portes durant ces trente dernières années, ou qui ont été délocalisées à cause de la crise économique. Ces friches industrielles ont été alors détruites, laissées à l’abandon ou plus rarement reconverties en logement ou en atelier. Ces usines bénéficient cependant d’un espace intérieur qui offre de multiples possibilités d’aménagement de par la générosité de leurs volumes. Cela donne des logements aux proportions non conventionnels mais vraiment intéressants.

Le loft est au sens originel du terme le dernier étage d’un entrepôt ou d’une usine, cette notion s’est élargie au fil des années et comprend aujourd’hui tout grand espace vide destiné auparavant à l’industrie. Les caractéristiques du loft sont un plan libre, de hauts plafonds, des murs et des sols « bruts », ainsi que l'absence de confort et de commodités telles que le chauffage, l’isolation,...
Les premiers habitants des lofts apparurent dans les années 1950 aux Etats-Unis. C’était principalement des artistes qui recherchaient des grands espaces à un faible coût ; ces entrepôts à l’abandon étaient l’endroit parfait pour créer. Ils vivaient avec un minimum de confort et d’équipement. A part le besoin d’espace, les artistes avaient des raisons bien plus politiques d’occuper ces locaux. Premièrement ils s’opposaient au logement idéal de l’époque (petite maison bourgeoise avec jardin), symbole de réussite sociale. Deuxièmement, ils voulaient préserver ces lieux, dans lesquels ils voyaient un grand potentiel architectural, d’une démolition certaine. En effet, ces usines « vides » prenaient de la place dans les centres-villes qui ne cessaient de s’étendre.
Les lofts ont l’attrait que nous connaissons grâce aux médias qui se sont intéressés à ce mode de vie par l’intermédiaire des artistes connus qui y vivaient. Même si en 1970, vivre dans un loft était encore considéré pour beaucoup comme un signe d’appartenance à la culture « underground », ce sont aujourd’hui des lieux qui attirent une élite plus bourgeoise bénéficiant de plus de moyens.
Vivre dans un loft implique une toute autre approche de l’espace, ce n’est pas vivre dans un 4 pièces cloisonné, c’est un lieu qui échappe aux normes conventionnelles de la vie domestique et on ne peut l’aménager de la même manière. Le loft offre la possibilité de jouir de la liberté d’organiser son domicile à sa guise, même si les puristes prétendent qu’il est préférable de ne pas cloisonner l’espace et de respecter les caractéristiques et les matériaux d’origine autant que possible.


La ville de Nyon est en pleine expansion et manque de logements. C’est en réalité une cité-dortoir, dont la plupart des pendulaires vont travailler à Genève. Les loyers sont assez élevés dans cette ville qui compte environ 17’000 habitants. Depuis quelques années, les chantiers ne cessent d’apparaître pour faire face à la demande, entraînant la destruction de vieilles habitations et la construction de grands complexes et d’axes routiers. La boulonnerie Kocher est en plein coeur de ces travaux, qui se situent principalement dans les quartiers au nord de la gare. Le but du projet est de reconvertir cette usine et l’intégrer aux chantiers en cours afin de sauvegarder une trace de ce passé industriel.

Le projet propose un travail d’interprétation des potentialités du lieu et de la structure du bâtiment existant, avec quelques propositions originales telle que la création d’une rue intérieure rassemblant les différentes unités de logement – ateliers de part et d’autre d’un axe transversal.
Cette réflexion spatiale et organisationnelle s’accompagne d’une réflexion sur la lumière.

La base du projet se compose en la création d’un atelier de peintre avec son logement attenant mais séparé par le passage vitré de la rue intérieure. Des variations de programme sont également abordées pour tester la potentialité d’accueil du projet : loft/atelier pour un styliste ou un musicien à la place du peintre.


Etat avant travaux    
Plans et coupes du projet    
Coupes et élévations du projet    
Plans du loft "atelier du peintre"    
Variantes typologiques et programmatiques : lofts/ateliers du styliste et du musicien    
 

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