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voyage Athenaeum |
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"Les murs de Byzance, la mosquée du sultan Ahmet,
Sainte Sophie, le grand Sérail, voilà messieurs les bâtisseurs de villes, ce que vous
pouvez mettre dans vos cartables: des silhouettes!"
Voyage d'études le long des rives du Bosphore Ce que nous appelons voyage d'études, une tradition dans toutes les écoles d'architecture du monde, est une invitation à découvrir, sur le terrain, l'architecture des autres, et comment les autres vivent ces espaces, neufs pour nous voyageurs, quotidiens pour eux. Autrefois seul le dessin (sous toutes ses déclinaisons) et l'écriture permettaient de saisir le monde. D'autres médias tels la photographie, l'enregistrement sonore, la vidéo et la camera numérique ont accru nos capacités de collectionneurs et notre mémoire. Parfois hélas, cette multitude de moyens de représentations occultent nos sens. Le but premier, essentiel, d'un voyage d'études consiste à reconnaître de tout notre corps des espaces et des formes, des objets et des monuments, des paysages et des villes, pour les retenir en nous, pour projeter vers le dedans notre amour et notre peur. Le voyage d'études est apprentissage. Il signifie s'arrêter et regarder, savoir observer, transcrire, comprendre et réinterpréter. De cela va se nourrir l'imagination et la créativité. Il s'agit de faire passer, et peu importe le médium employé, les espaces et les objets de la description à la réflexion. Le voyage d'études n'est pas l'abandon du projet et du travail quotidien, mais il alimente et fortifie celui-ci, fait entrevoir des solutions lumineuses et aveuglantes, montrant ce que l'étudiant voyageur cherchait depuis toujours. Et tout est digne d'apprentissage : La spatialité exquise et sereine de la mosquée Mihrimah, le vol d'un goéland sur la mer de Marmara, la taille précise d'un chapiteau ottoman, Sainte Sophie avec sa coupole et ses contreforts flottant sur la Ville depuis 548, les délicates stèles funéraires du cimetière d'Eyup, la nostalgie triste et douce des habitants d'Istanbul, une tasse de café (turc évidemment), le silence bourdonnant d'or de Saint Sauveur In Chora, des navires et des cargos se croisant entre Corne d'Or, Bosphore et mer de Marmara, le marché en plein air de vêtements et de chaussures autour du bazar égyptien, l'étonnante modernité des somptueux caftans des sultans morts du Topkapi, et tout ce que l'on a oublié, et qui revient dans la mémoire après le voyage. Car la mémoire est tout. Dessins écritures, photographies, sont simultanément profusion et sélection, instantanéité et durée. Le voyage d'études n'est jamais complet, car il engendre d'autres images, d'autres possibles. L'exposition de croquis et de photographies présenté à l'EAAL, est le témoignage de quelques jours magiques des participants de ce périple à Byzance Constantinople Istanbul. Toutes et tous souhaitent vous faire partager leur affection pour la Ville. Cette présentation tente de dépeindre le passage du visible au désirable, du fini au non-fini, de montrer plus qu'elle ne montre. Elle incite à la rêverie et à la dérive, elle n'est qu'une méditation qui caresse le monde. Bernard Gachet, professeur EAAL Lausanne, 16 juin 2001
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Galerie de croquis: cliquez sur les images, le dessin en grand format s'affichera dans une nouvelle fenêtre
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