lecture Cossonay, capitale de l'architecture
Article paru en janvier 1985

accueil présentation Alberto Sartoris La maison de Cossonay

 

L'église de Lourtier (VS), une des rares idées réalisées de Sartoris. DR

 

Importante donation Alberto Sartoris

Cossonay capitale de l’architecture

Le professeur Alberto Sartoris a fait don à la Confédération de son immeuble, a Cossonay-Ville, et de toutes ses archives. L’immeuble est destiné à devenir un centre d’étude de l’histoire de l’architecture. Instrumenté par Me Jean-François Perrin, notaire, l’acte de donation a été signé samedi matin en présence de M. Robert Chabanel, syndic de Cossonay. La Confédération était représentée par MM. Maurice Cosandey, président du Conseil des Ecoles polytechniques fédérales, et Bernard Vittoz, président de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne.

M. Alberto Sartoris, petit homme vif qui va fêter ses 84 ans le 2 février prochain, est une figure marquante de l’architecture contemporaine. Fils d’émigrés italiens, il fréquenta l’École des beaux-arts de Genève, en classe d’architecture, puis se fixa quelque temps à Turin, sa ville natale. Revenu en Suisse, M. Sartoris s’établit à Genève puis, dès 1930, dans le canton de Vaud: au château de Glérolles à Rivaz, à Lutry puis à Cossonay où il est domicilié depuis onze ans et où il restructura selon ses conceptions avant-gardistes l’immeuble de la rue des Bons-Enfants. Alberto Sartoris a participé à de nombreux mouvements artistiques. Grand Prix d’architecture et constructeur du premier édifice rationaliste d’Italie (Turin, 1927-1928), il souleva une violente polémique à l’échelle internationale en construisant, en 1932 la première église moderne à la montagne, à Lourtier (VS). Il a exposé dans le monde entier et a collaboré à plusieurs revues et journaux spécialisés.

Essayiste, critique et historien de l’art, M. Sartoris enseigna à la Faculté des lettres et à l’EPFL dont il est docteur honoris causa. Il a enseigné ou enseigne encore à l’École cantonale des beaux-arts de Sion, à l’École d’architecture Athenaeum. Il consacre toujours une partie de son temps à l’enseignement. L’œuvre de M. Sartoris lui a valu de multiples distinctions.

Archives convoitées
Au cours d’une carrière qui se poursuit, la notion de retraite étant très abstraite pour M. Sartoris, celui-ci a constitué des archives importantes sur lesquelles les Etats-Unis et le Canada avaient des vues. Un accord a heureusement pu être conclu avec la Confédération qui est désormais propriétaire de l’immeuble et des collections : une bibliothèque de 20 000 ouvrages, des documents d’archives, des esquisses, dessins et travaux, une importante correspondance. MM. Vittoz et Cosandey ont exprimé la satisfaction qu’engendre l’accord conclu. Cette satisfaction est partagée par le syndic Robert Chabanel. Le centre d’étude qui sera créé contribuera à l’effort de développement du district et de la commune. Le professeur Sartoris et son épouse Carla Prina, artiste peintre, conservent la jouissance de l’immeuble jusqu’à leur mort. M. Sartoris y poursuivra son travail et continuera ainsi à enrichir des collections qui seront à disposition des étudiants. C’est déjà le cas : nombreux sont ceux qui viennent consulter le célèbre architecte. – G. H.

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