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"L'Église est un ciel sur la terre où le Dieu céleste habite et se meut"
Patriarche Germain (633-733)
Ce fut la forme du bâtiment qui, au départ, inspira le sujet de ce travail de diplôme, travail de transformation et
de réaffectation d'un bâtiment existant.
Le bâtiment dit "Ancienne douane" ou douane de Marterey a été conçu en 1848 par l'architecte lausannois Louis Wenger
pour l'État de Vaud. L'architecte a probablement été influencé par le projet de Henri Labrouste pour l'hospice cantonal des
aliénés à Lausanne, qui avait remporté le premier prix du concours de 1837.
Le plan octogonal s'inspire toutefois d'autres projets qui, en particulier au Siècle des Lumières, associaient
les formes géométriques élémentaires à une vision à la fois symbolique et fonctionnaliste de l'architecture.
La structure du bâtiment toutefois déroge à la pureté de la forme géométrique. L'axe de distribution Nord-Sud
oriente en effet la composition interne du bâtiment. Ce passage monumental s'ouvrant sur la chaussée permettait un contrôle
et traitement optimal des marchandises entrant en ville.
L'axe ne sera que partiellement maintenu lors de la transformation du bâtiment en 1889 et son affectation à la
nouvelle fonction d'École de Médecine (1889 - 1958).
L'adaptation du bâtiment à la nouvelle fonction demande un agrandissement qui se fera sous la forme de l'adjonction d'un étage
cruciforme, totalement étranger au plan octogonal. Le lien avec l'ancien édifice sera la lanterne octogonale
qui sera maintenue et qui créera une focalisation sur le centre de l'édifice.
Le passage des fonctions civiles et profanes à une fonction sacrée constitue donc le point fort du projet de
Felicitas Cepleanu.
A partir de ce choix de programme, les références formelles deviennent tout autre, le plan centré de forme octogonale
ayant été utilisé dans des réalisations capitale dans l'histoire des lieux de culte chrétiens : Saints-Serge-et-Bacchus de
Constantinople (vers 527), San Vitale de
Ravenne (vers 530-548) ou encore la chapelle palatine d'Aix-la-Chapelle (800),
sans compter les divers projets de baptistères tel celui de Florence.
La Roumanie, traditionnellement de confession orthodoxe, compte de nombreux joyaux architecturaux, en particulier
les églises du XVIe siècle telles l'église de Voronet ou l'église épiscopale de Curtea de Arges.
De manière générale, une église orthodoxe comporte un aménagement très codifié et qui comprend une série d'éléments et
de dispositions dont la plus caractéristique est certainement la grande paroi ornée appelée Iconostase et qui sépare
la nef du sanctuaire, et bien entendu les icônes.
L'aménagement intègre les différentes fonctions et lieux de l'église en exploitant d'une manière convaincante les potentialités
du bâtiment existant.
La nef trouve place sous le lanterneau central. Les parois sont revêtus de mosaïque en pâte de verre bleue, qui
rappellent
les mosaïques des édifices anciens (Saint Marc de Venise pour ne citer qu'un exemple) et la couleur bleue utilisée
dans certaines églises roumaines. La lumière naturelle du lanterneau illustre la présence du ciel et la verticalité propre
à la spiritualité alors que le bleu intense des mosaïques et l'or des icônes parlent de l'intériorité et de la
profondeur de la Foi.
Les autres fonctions de l'église trouvent place dans les espaces périphériques, au rez-de-chaussée et au 1er étage, accueil,
narthex, sacristie, salle des fêtes et de catéchisme, bibliothèque.
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