rendu juillet 2006 accueil sections civil projets Centre d'art contemporain à Lausanne
Projet de diplôme :   Centre d'art contemporain à Lausanne
étudiant :      Lionel Bongard
professeur :  Bernard Gachet
experts :      René Vittone, Charles Duboux

   


Thématique du Centre d'art et origine de cette notion
Les musées courants ne répondent pas suffisamment aux besoins des artistes d’aujourd’hui. Ils sont une sorte de vitrine de l’art proclamé idéal, le "beau". Ceci ne date pas d’hier, depuis fort longtemps, certains artistes se sont révoltés contre cette façon d’exposer l’art par la création de collectifs destinés à promouvoir et exposer leurs œuvres, comme le salon des refusés à Paris en 1863. Les Kunsthallen, centres d’art, découlent de ces associations d’artistes.
Les salons d’exposition du XIXème sont plus proches de "l’esprit Kunsthalle" que ne le sont la plupart des musées que l’on connaît aujourd’hui, hormis le fait que les œuvres devaient passer par un jury avant de pouvoir être exposées. En effet, à l’époque les Salons étaient destinés à exposer des œuvres du moment certes, mais aussi à permettre à l’artiste de vendre ces toiles. Ces Salons étaient des endroits où l’on faisait la critique des œuvres exposées, ils étaient un lieu d’échange et de discussion. Ils étaient certes élitistes, réservés aux personnalités mondaines et à un milieu bourgeois mais n’en restaient pas moins un lieu où l’on pouvait s’exprimer, partager. Les critiques étaient retranscrites dans la presse, l’art faisait son apparition dans la vie courante, il devenait public.

Les musées d’aujourd’hui ne jouent plus ce rôle, ils classent, cataloguent, répertorient et présentent leurs collections. Collections qui ont été établies sur la base de ce qui a été déclaré comme "beau", comme étant digne d’intérêt, ne laissant pas au visiteur la possibilité de choisir ce qui est intéressant selon sa vision. De plus, l’appellation de musée fait référence au passé, il est lieu de conservation, d’étude et d’histoire. Vers les années 1960, les artistes cherchent à recréer les conditions de l’atelier en recherchant de vastes espaces, de bonnes conditions de lumière, de grandes hauteurs de plafond, une architecture dépouillée. Les expositions vont donc détourner des bâtiments de leur fonction première comme des usines en entrepôts désaffectés. Les œuvres sont exposées, discutées et vendues.

"Nous sentons vaguement qu’il y a déperdition et que ce recueillement de vielles filles ce silence de nécropole, ce respect de pygmées n’est pas le milieu vrai de l’art, que tant d’efforts, tant de joies et de peines, tant de colères, tant de travaux n’étaient pas destinés à refléter un jour la lumière triste du musée du Louvre
Maurice Merleau-Ponty La prose du monde, p102, Paris, Gallimard, 1969

Kunsthalle versus musée
Qu’est-ce qu’un centre d’art contemporain ? Le centre d’art contemporain découle de la Kunsthalle, il fait son apparition plus tard mais avec la même volonté de se démarquer du musée traditionnel. Au sens littéral une halle est un vaste emplacement couvert où se tient un marché, en l’occurrence ici, le marché de l’art. Un marché est un étalage, une présentation de produits dans le but de les vendre. La définition d’André Ducret semble être assez explicite: "La Kunsthalle est un salon permanent qui autorise une diffusion directe sans passer par la sanction de tel ou tel jury, sans attendre la tenue de telle ou telle manifestation périodique. Des œuvres sont à la fois exposées, vendues et, surtout, discutées." La Kunsthalle est donc un lieu où l’art est exposé et laissé à la libre interprétation de chacun.

La Kunsthalle est une réponse des artistes face aux musées recherchant à cataloguer l’art, décider de ce qui est digne d’intérêt et de ce qui ne l’est pas. Les artistes vont chercher à briser les jeux d’influence exercés par les soi-disant grands noms de l’art (conservateurs et critiques d’art) en créant collectivement des lieux parallèles avec un public et une clientèle autre. C’est ainsi que l’on va voir apparaître des lieux alternatifs dans d’anciennes usines et entrepôts. Le musée est conservateur, collectionneur; il cherche à transmettre les œuvres qui lui semblent incontournables et en ce sens le musée est passéiste. La Kunsthalle se tourne vers le présent, elle offre la possibilité aux artistes de s’exprimer librement, laissant libre recours à leur imagination. La Kunsthalle est un laboratoire d’expérimentations artistiques de toutes sortes, lui conférant un caractère de constante innovation. L’art ne cherche plus à plaire mais à émouvoir, à créer un sentiment chez celui qui le regarde (de haine, de colère, de révolte, de joie). L’art devient imprévisible, l’art devient surprise.

Le site : quartier de Sévelin
Le quartier de Sévelin est situé dans une cuvette, entre la quartier du Flon et celui de Sébeillon. Sévelin est un zone industrielle où subsistent encore de nombreux entrepôts et hangars Cette zone était active grâce à la gare de marchandise de Sébeillon et aux industries du Flon. Petit à petit le quartier s’est développé et accueille aujourd’hui bon nombre d’activités culturelles. Située sur l’axe Flon-Crissier, Sévelin fait l’objet d’une réflexion sur le développement de l’Ouest lausannois et s’apprête à accueillir de nouveaux logements.
Le quartier de Sévelin regroupe différents types d’activités, à la fois économiques et culturelles. Les activités économiques sont essentiellement constituées par des ateliers, des bureaux et des entrepôts. Les activités culturelles sont constituées par des écoles, des théâtres et une salle de concert. Ces activités se trouvent principalement dans la partie Est de Sévelin, zone retenue pour le projet. Cela renforce donc l’idée de création d’un centre d’art contemporain en ce lieu.
 
Plan de situation et vues des maquettes    
 
Le projet

Le projet s'articule autour de circulations intérieures et extérieures qui s'inscrivent dans la topographie du lieu.

Le bâtiment offre des espaces diversifiés. La succession de plates-formes reliées du corps bas du bâtiment, la suite modulables des salles de la partie haute ou encore les salles basses bordant les espaces principaux de manière périphérique permettent d'exposer les oeuvres dans des conditions variées.
La succession des espaces et leur interrelation visuelle cherche la fluidité et richesse de sensations.

L'entrée principale se situe dans le fond de la vallée, au niveau du parking. Une entrée secondaire est placée de l'autre côté du bâtiment, en face du théâtre de l'Arsenic, reliant ainsi par une circulation extérieure et intérieure ces deux institutions culturelles.

Plans et coupes du projet    
Coupe et élévations    
Coupe et élévations    
 

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   Bibliographie :
  • Asphyxiante culture
    Jean Dubuffet, éditions Jean-Jacques Pauvert, Evreux, 1968
  • Building the New Museum
    Suzanne Stephens, Princeton Architectural Press, Princeton, 1986
  • Extrait de la conférence de Denis Roy
    Denis Roy, Musée d’art contemporain de Montréal, Montréal, 4 mars 1998
  • Faces no 26
    André Ducret "Et où est l’art dans tout cela ?", 1992-1993
  • Kunstmuseum Liechtenstein
    Editions Lars Müller, Bâle, 2000
  • L’art contemporain, Que sais-je ?
    Anne Cauquelin, Presse universitaires de France, Paris, réédition l992
  • L’art d’aujourd’hui
    E. Lucie-Smith, éditions Nathan, Paris, 1989
  • Musées, Architectures
    Luca Bassot Peressut, éditions Actes SUD/Motta, Milan, 1999
  • New Museum Buildings
    éditions Klell/Cotta, Francfort, 1985
  • Philip Johnson
    Peter Blake, éditions Birkhaüser, Bâle, 1996
  • Positions anticulturelles
    Jean Dubuffet, Galerie Beyeler, Bâle, 1965
     
 

 

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