Concours

  mai 1990
Le bain de 2001

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Le meuble est placé sur une grille permettant l’écoulement de l’eau. Les éléments basculants dans la partie inférieure et les «ailes» offrent de la place en suffisance pour les objets usuels. Le projet a été couronné par un jury composé principalement d’architectes.

Le meuble, curieusement nommé « Dr S... », est fermé. La paroi souple déployée peut s’enrouler autour de la « colonne ».

 

Les lauréats du 1er prix de "Le bain de 2001", de gauche à droite: Armand Louis, Patrick Reymond et Aurel Aebi, de l'Atelier Oï à La Neuveville.


Un concept révolutionnaire

Trois jeunes architectes de La Neuveville viennent de remporter le premier prix du concours « Le bain de 2001 ». Avec Aurel Aebi, Armand Louis et Patrick Reymond, le lieu d’hygiène n’est plus enfermé entre quatre murs. Il devient meuble multi-fonctionnel, avec une paroi souple dont le corps se drape pour se doucher puis se sécher à l’air chaud.
Ce projet futuriste pourrait bien être au sanitaire ce que les idées de Le Corbusier ont été à l’architecture.


Champion du «gagne-place», le projet des trois jeunes Romands, sélectionné parmi une centaine d’autres, ressemble à une colonne mesurant 1 m 90 de hauteur et 60 cm de diamètre une fois repliée. On peut donc la caser quelque part dans une pièce, au gré de I’usager.
Une fois déployée, la «colonne» découvre un lavabo, des casiers de rangement pour entre-poser vêtements, linges et bijoux, et des «ailes» très sophistiquées où l’homme (mais oui!) et la femme modernes peuvent placer commodément leurs cosmétiques et produits d’hygiène. Les trois complices ont poussé très loin leur réflexion :

– Maintenant, ce n’est plus l’architecte qui décide: « C’est entre ces quatre murs-là que le locataire devra se doucher... » L’habitant peut choisir de placer son «meuble» où cela lui convient. Économie de place, économie tout court, puisqu’une seule amenée d’eau et un écoulement unique sont nécessaires.

– Pourquoi cette rage de gagner de la place?
– L’espace est rare et cher. Nous devons prévoir des constructions adaptées à l’évolution démographique: les «ménages d’une personne» deviennent majoritaires, il faut les loger et trouver des solutions autres que la traditionnelle salle de bains, qui mobilise tout un local pour un temps très bref d’utilisation. Notre projet est ergonomique dans sa verticalité.
– Le vieillissement de la population doit aussi être considéré: la « colonne-douche » facilitera la toilette de la personne âgée. En allongeant la paroi-rideau, on peut l’utiliser assis sur une chaise roulante.

– Parlons un peu de ce fameux « rideau ». Il est très sophistiqué...
– Comme beaucoup de choses d’apparence simple. Ce système, dont la mise au point reste à fignoler, du côté des matériaux, permet à l’individu de s’isoler, de créer son propre espace. Les trous de cette paroi souple pulsent d’abord l’eau tiède, et ensuite de l’air chaud qui sèche le corps. Au sol, une «grille» dans un matériau antiglisse, doux aux pieds, au même niveau que le sol de la pièce où l’on a choisi d’installer ce «meuble à toilette».

– Quand sera-t-il commercialisé?
– Pas dans l’immédiat. Les quatre entreprises organisatrices du concours, Baumaterial SA à Thoune, Hunziker SA à Wildegg, Marex SA à Bienne et Wunderli SA à Rapperswil, envisagent sérieusement la réalisation de ce projet. Elles organiseront à l’avenir un tel concours tous les deux ans. Il faut absolument repenser le sanitaire.

Article de Renée Hermenjat, paru dans 24 Heures du 15 mai 1990

Note : L'article paru en mai 1990 relate le succès obtenu dans ce concours novateur par des étudiants de l'Athenaeum de Lausanne. Ce concours constitua sans doute une étape clé dans la genèse de l'Atelier Oï dont la réputation n'est plus à faire.     TM, novembre 2005
 
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