T H E M A T I Q U E Le Bouveret, dernier port d'attache du Valais, célèbre la métamorphose du Rhône qui donne naissance au Lac Léman. Le village délimite la frontière ouest du canton du Valais et ponctue les chaînes montagneuses du canton. Par sa situation, il fut une des premières vocations touristiques de la région. Longtemps étouffé par son élégante soeur aînée Evian, le Bouveret s'est révélé et semble prendre son second souffle touristique. Il possède une société de développement très active et se voit grandir considérablement ces dernières années. Le site possède une capacité certaine et propice à mettre en valeur ses atouts topographiques. Plusieurs investissements et interventions ponctuelles " touristiques " ont vu naître le jour. Le programme d'intervention est de mettre en valeur, d'élargir le champ d'action et d'activité du site par une nouvelle planification et le réaménagement du lieu. P R O B L E M A T I Q U E L'aménagement d'un tissu urbain lacustre exige une méthodologie de planification basée sur les différents secteurs d'activité que peut contenir et offrir les abords d'un lac. Ces différents secteurs d'activité se répertorient en plusieurs zones : - une zone de conservation du paysage et de l'environnement construit - une zone d'urbanisation - une zone récréative - une zone de communication - une zone d'attente La problématique s'articule donc autour de trois aspects : 1. l'esprit du lieu 2. la fonctionnalité du lieu 3. la planification du lieu Une première approche analytique établira un diagnostic du périmètre existant, permettant d'évaluer la capacité existante du site, s'il y a conflit relatif à la problématique et à la thématique, conflit lié à l'occupation du sol, conflit lié au paysage " construction mal intégrée ", conflit lié aux activités. Dans une deuxième approche, il s'agira de répondre à ces différents conflits s'ils existent et proposer par une recherche thématique et théorique préalable un nouvel aménagement du territoire par un programme d'activité adapté aux circonstances du lieu. O B J E C T I F S - maîtriser tous les composants de mise en place architecturale relatifs à une rive - mettre en valeur et valoriser le site par la mise en forme d'un concept architectural - réfléchir aux rapports qu'entretiennent un site voué au tourisme, au bien-être et l'architecture La problématique de ce thème aborde l'aménagement du territoire dit sectorisé, où chaque activité est disposée dans une zone bien spécifique favorisant un développement du lieu où s'insèrent et se mêlent l'habitat et le travail, la culture et l'éducation, les loisirs, le tourisme et les services. Intervenir dans un site en pleine extension et en contact direct avec le milieu lacustre implique une réflexion sur l'environnement immédiat, sur son devenir, et son impact. Quels rapports vont entretenir les différents secteurs avec son utilisateur, entre la terre et l'eau ? Une première lecture du site et de ses environs permettront de l'identifier, afin de pouvoir établir un diagnostic des séquences sectorielles et d'infrastructures existantes à l'heure actuelle, et quelles relations détiennent le lieu avec ses habitants et le tourisme, ce dernier étant l'un des principaux moteurs du Bouveret. On peut toutefois dénoter 5 grands secteurs d'activités que nécessite un aménagement tel que le Bouveret : * une zone de conservation du paysage et de l'environnement construit le caractère et l'esprit du lieu, le respect et la trace de l'histoire demeure la réelle identification du site pour son utilisateur - habitant. Il évolue dans un environnement certes évolutif, mais stable. * une zone récréative offrant à l'habitant et au touriste des espaces de détente, d'évasion ( nature, lac, baignade, promenade, jeux, sports nautiques, excursion, plage...) * une zone de communication plate-forme indispensable à l'évolution du site. Déterminer les moyens d'accès au lieu, les modes de transports et autres facilités services ? Sont-ils en suffisances, ont-ils une bonne dynamique. Répondent-ils aux besoins de son environnement immédiat ? * une zone d'urbanisation Permettant au site de se développer, de s'ouvrir et s'exposer à une plus haute capacité d'accueil dans la durée et le temps, par souci d'intégration au reste du site. * une zone d'attente susceptible d'intégrer de nouvelles infrastructures liées à l'évolution du site. Puis il faudra en tirer des conclusions, relever les aspects positifs et dénoncer les conflits qui perturbent l'environnement. Ceux-ci peuvent provenir et intervenir sous divers aspects : 1. un conflit lié au paysage Dans l'évolution du territoire et de son environnement, un bâtiment ne s'intègre et ne répond plus à l'identité du lieu. Il exige de prendre position et de repenser à son évolution, voire sa pérennité. Quelle que soit la décision, elle doit être au service du lieu. 2. un conflit lié aux activités Un secteur d'activité tel que la zone de baignade et de jeux aquatiques ne peut concevoir la présence de bateaux ou engins motorisés. Cela créerait un conflit et surtout un danger. Le baigneur veut pouvoir nager ou s'amuser dans l'eau en toute tranquillité sans devoir penser à une menace pour sa personne. La résultante du conflit serait en totale opposition avec l'occupation et la fonction même du lieu. Une zone résidentielle ne peut proposer des activités dites nocturnes ; le cas échéant, celles-ci provoqueraient des nuisances sonores incompatibles à une telle affectation. 3. un conflit lié à la vocation du site Une région touristique ne peut prétendre s'ouvrir au tourisme sédentaire s'il ne possède pas les infrastructures suffisantes à son accueil. Les moyens de communication, les différents modes d'hébergement et autres services doivent être à la hauteur de la demande. Une région peut posséder des atouts topographiques susceptibles d'attirer un intérêt culturel et naturel de la part de certains consommateurs désireux de découvrir de nouveaux endroits et passer du bon temps, cela exige néanmoins parallèlement un aménagement adéquat du territoire. 4. un conflit lié à la propriété privée Il est possible que certaines parcelles appartenant à des privés se situent dans une zone vouée à une autre affectation que désirerait le propriétaire. Il serait ainsi souhaitable de racheter ces terrains afin de renforcer la force d'un aménagement. Une des composantes fondamentales de l'aménagement d'un territoire réside donc dans le concept de planification des différents domaines d'activités. Une bonne gestion de ces éléments est donc indispensable pour atteindre d'une part un développement cohérent et rationnel de l'existence future du Bouveret, et facilitera l'usager à se repérer et trouver ses marques dans un environnement qui lui est voué. Une part de travail doit donc être orientée vers de grandes lignes directrices sous forme de plan directeur qui sera le noyau et la référence de toute intégration future dans le site. Il guidera chaque modification du paysage, que ce soit une petite ou une grande intervention, une intervention dite végétale (nature) ou minérale (construction). Il saura mettre en valeur et valoriser le site. L a z o n e r é c r é a t i v e J. Dumazedier définit les loisirs par " l'opposition à l'ensemble des nécessités et obligations de la vie quotidienne ". (1) La zone récréative détermine également un secteur important d'un aménagement territorial. On peut distinguer plusieurs aspect de la récréation : Le loisir, quel que soit sa forme, est tout d'abord une libération des contraintes quotidiennes. Le loisir a trois fonctions importantes : * fonction de délassement * fonction de divertissement * fonction de développement physique et intellectuel Ces trois fonctions sont solidaires et étroitement liées l'une à l'autre. L'importance de chacune est variable selon les différents groupes d'utilisateurs (âge, classe sociale, etc.) Le temps libre est également un facteur important de la définition d'une zone de récréation. Il peut être classé en trois catégories principales : * temps quotidien : loisirs quotidiens à proximité du lieu de résidence (quelques heures) * temps hebdomadaire : loisirs à courte distance, parfois tourisme à courte distance (week-end) * temps annuel : loisir et tourisme sédentaire (vacances) L'évolution des trois types de temps libre est une donnée indispensable du programme d'équipement nécessaire et pour la planification car ils recouvrent des loisirs différents. Le temps libre annuel est très important de par sa durée et la séduction qu'il exerce sur les personnes. Le tourisme est lié à cette notion ; il représente l'ensemble des phénomènes qui lient le visiteur à la région où il séjourne ou qu'il parcourt. Pour que l'on puisse parler de tourisme en un point donné, il faut qu'il y ait une certaine quantité de personnes étrangères à la localité. Le tourisme constitue un sous-ensemble des loisirs. Actuellement le tourisme atteint un nouveau stade du fait qu'il ne concerne plus seulement les classes privilégiées mais toutes les couches de la population. Il est également important de connaître les raisons qui conduisent à pratiquer telle ou telle activité de plein-air. Ces raisons sont de trois ordres : * celles qui dépendent de la situation de la zone de récréation et qui détermine son attractivité : facteurs naturels climat : ensoleillement, pluviosité, température, vents site : paysage remarquable, nature sauvage, proximité de l'eau facteurs artificiels accessibilité : CFF, réseau routier diversité des équipements : hébergement, activité * celles qui sont liées au facteur humain et à sa motivation : le contact avec la nature c'est-à-dire tout ce qui est fortement marqué par la combinaison du paysage naturel comme l'eau, le sol, la végétation, la faune le sport il s'agit d'une forme de dépaysement, celui du changement d'activité, mais elle dépend très fortement de l'âge, du sexe, de la composition de la famille * celles qui dépendent de conditions extérieures : situation financière certaines activités comme la navigation de plaisance, ski nautique, nécessitent des frais élevés alors que d'autres activités comme la marche et le cyclisme sont bon marché. La possession d'une voiture moyen de transport le plus facile, qui permet de se déplacer sans programme ni horaire. Permet de jouir d'une plus grande liberté. Les propriétaires d'une voiture se déplacent beaucoup plus fréquemment que les voyageurs - usagers du train, bus... Les activités de détente sont bien sûr liées aux motivations des utilisateurs. Toutefois on peut les classer dans deux grandes catégories : * la récréation active * la récréation passive Les vacances occupent de plus en plus une part importante de la vie. Elles sont un temps de liberté qui permettent de se débarrasser des soucis quotidiens et de se ressourcer. Elles deviennent un élément essentiel de l'équilibre psychique. Qui dit vacances suppose aussi séjourner ! Il existe entre autre plusieurs modes d'hébergement : 1. Camping Mode d'hébergement simple puisqu'il nécessite simplement un terrain sommairement équipé. Les campeurs se recrutent dans deux classes d'âge bien distinctes allant de 14 à 30 ans et de 40 à 60 ans. Le nombre des enfants y est assez élevé, car d'une part réduit considérablement les coûts de la villégiature en comparaison avec une chambre d'hôtel, et d'autre part si son emplacement jouit d'espaces divertissants sans que l'enfant n'ait besoin d'une surveillance parentale. Le camping est, après les chalets, les appartements de vacances et les auberges familiales, le mode d'hébergement le plus attractif pour les familles. Nous pouvons distinguer plusieurs types de campings : * Camping de passage on y dispose les caravanes que pour une durée limitée, liée à au temps des vacances * Camping de saison les caravanes y restent stationnées toute l'année 2. Résidences secondaires Celles-ci ont pris une place importante dans l'hébergement touristique. Cette demande est due principalement à l'augmentation du niveau de vie. Les résidences secondaires sont un véritable phénomène social. Il s'agit d'un espace d'évasion où l'on oublie la vie quotidienne, où l'on vient se réfugier, mais qui également un phénomène de mode et de snobisme. La possession d'une résidence secondaire est étroitement liée à l'automobile. La majeure partie des déplacements vers une résidence secondaire se fait par la route. La résidence secondaire comparée aux autres formes d'habitations touristiques est caractérisée par la sous-utilisation du site (peu de personnes peuvent profiter de la surface). Il s'agit tout de même d'un mode d'hébergement réservé à une certaine classe sociale. 3. Hôtels - pensions Fréquentés également par une certaine classe sociale et appartenant généralement à la catégorie des plus de 45 ans. Dans le tourisme il faut tout de même noter que les professions libérales, les cadres supérieurs et les commerçants occupent la première place par le nombre. Les occupants des logements de vacances se distinguent des pensionnaires des hôtels par un nombre plus élevé de familles avec enfants par rapport au nombre total des vacanciers. Tous éléments énoncés jusqu'à présent définissent la problématique d'un aménagement du territoire. Cette étude permet maintenant d'orienter l'analyse du site, afin de prendre connaissance de tous les facteurs déterminants du lieu. Cette recherche théorique pose plusieurs questions qu'il faudra soulever dans la recherche de l'identification du lieu.. Identifier et sentir le lieu, ce qui s'y déroule, permettra d'établir un diagnostic de la situation existante, de l'esprit du lieu, nécessaire au développement du projet. S i t u a t i o n e t h i s t o r i q u e Située à l'embouchure du lac Léman, le Bouveret est un petit village de 800 habitants appartenant au district de Monthey, région de Port-Valais. Protégée par les masses imposantes du Grammont et de la Croix de l'Allex, la commune a connu, au fil du temps, une histoire mouvementée. L e C a n a l S t o c k a l p e r Dans le passé, un important trafic de marchandises passait par la Porte du Scex, et en particulier le sel. Au Moyen-Âge, le Rhône n'était pas endigué et le transport par le Simplon était difficile, ce qui avait pour conséquence de faire monter les prix des marchandises. C'est alors que Gaspard-Jodok Stockalper, valaisan d'origine, qui avait obtenu le monopole du sel en Valais, fit construire le canal. Après avoir convaincu la Diète d'ouvrir un canal navigable de Vouvry à Collombey, il charge en 1651 de commencer les travaux. Ouvert en 1659, le canal qui devait aller jusqu'à Port-Valais s'arrêta juste après Vouvry, les inondations du Rhône étant trop fréquentes et rendant l'entreprise difficile. Ce n'est qu'après 1870 que l'on proposa de prolonger le canal de Vouvry au Bouveret, dans l'espoir d'assainir la plaine marécageuse. Le 22 avril 1879, le canal Stockalper fut achevé jusqu'au lac. S'étendant sur une longueur de 15 km, le canal fut non seulement un ouvrage important précédant de deux siècles l'assainissement de la plaine, mais également un élément de progrès. En effet, les drainages ultérieurs ont permis la mise en valeur des terres cultivables et industrielles qui étaient inondées à 80% avant la réalisation de cet ouvrage. Pourtant, le prolongement du canal ne donna pas encore tout le résultat espéré. L'eau s'écoulait, mais pas suffisamment pour améliorer la plaine marécageuse. Ainsi, certaines localités envisagèrent l'élargissement du canal, caressant même l'espoir d'en faire une voie navigable. Après étude, il fallut se contenter d'accomplir ce travail uniquement pour l'écoulement des eaux, principalement pour des raisons de mésentente financière entre les communes. 1 9 1 0 A la suite d'énormes éboulements le lac s'est petit à petit retiré jusqu'à la formation du Bouveret. Cette carte du XXème siècle situe le village qui prend lentement forme accueillant encore des traces lacustres que les effondrements n'avaient pu réussir à combler. La gare génératrice de la Ligne du Tonkin y existait déjà. D'ailleurs, son implantation soulève un petit air poétique, puisque le train trouve sa destination sur une petite île flottante du lac qui accueillait également l'embarcadère et ses transports navals. Comme si cette interface symbolisait le seuil transitoire entre la terre et l'eau et constituait le lien fondamental entre deux éléments naturels de la circonférence. Le port de plaisance n'existait point encore, et seules quelques constructions se trouvaient sur le flanc de la vallée, qui étaient ainsi à l'abri du lac et de ses intempéries. Les rives n'étaient que de vastes plate-formes marécageuses. X X è m e s i è c l e Quelques décennies plus tard, la terre gagnait gentiment son combat et le Bouveret commençait à s'affirmer, prendre racine et lentement possession du lieu. Le port n'existait toujours pas, mais le village pouvait voir se développer et se construire sous de bons augures. La gare ne devient plus qu'un poste d'attente intermédiaire puisque la ligne de chemin de fer Tonkin poursuit dès lors son chemin vers la France voisine, St-Gingolph - Evian. Elle devient pratiquement partie intégrale de la terre. L e B o u v e r e t e n a v r i l 1 9 8 4 Un plan d'aménagement du territoire est établi. Les rives sont devenues génératrices d'activités touristiques et de détentes. Le port de plaisance est en fonction, et le village s'est fortement développé, accueillant de nombreuses résidences individuelles principales et secondaires. La zone industrielle, la proximité du lac et des montagnes alimentent d'une part la population ouvrière du village et tous les secteurs professionnels générés par le tourisme de loisir comme l'hôtellerie et la restauration. La zone de construction s'est répandue jusque sur les bords du lac et dans la plaine. La commune s'engage à développer ses atouts topographiques et offre par cette proposition d'aménagement du territoire de s'ouvrir vers une villégiature de loisir et portuaire. C a r a c t é r i s t i q u e d u s i t e La zone du vieux village reste implantée sur le flanc du Grammont et domine le reste du Bouveret. Elle est la trace historique du site et accueille naturellement tous les bâtiments institutionnels du village : l'Eglise, les écoles, les fonctions publiques, les commerces et les banques. La plaine se compose essentiellement d'une ceinture d'habitations individuelles entre la zone industrielle et le lac où viennent encore s'insérer toutes les infrastructures, les équipements touristiques et récréatifs du Bouveret. Une zone industrielle lacustre ponctue le développement nord des rives : la Rhôna. Ainsi, fait caractéristique du lieu, seules quelques autres constructions de forte densité ont vu naître le jour. Le reste du Bouveret est principalement constitué d'habitations de caractère individuel. Ceci s'explique par un facteur climatique favorable et agréable de la région contrairement à d'autres endroits de la Suisse. E n s o l e i l l e m e n t L'une des principales caractéristiques du site réside dans la relation que celui-ci entretient avec le parcours du soleil et son ensoleillement. Il n'est également pas étranger au développement du volume bâti qui s'est construit ce dernier siècle dans la plaine, puisque le Bouveret possède une orientation problématique comparable à la périphérie genevoise (comme Cologny par exemple), où l'orientation principale du village se trouve vers le Nord. C'est pourquoi il n'est pas difficile de comprendre pourquoi le Bouveret s'est développé principalement au Nord-Est, composé essentiellement d'habitations individuelles, et d'infrastructures liées aux activités estivales pour ses habitants et son tourisme, puisqu'il s'agit de la partie qui s'expose et profite au mieux des conditions climatiques du lieu. Par ailleurs, on comprend toutefois pourquoi le noyau historique du Bouveret se situe sur le flanc du massif montagneux le Grammont, car comme nous pouvons le remarquer sur les cartes évolutives du village, la plaine n'était autrefois que de vastes marécages, et cette implantation constituait une protection contre les " colères " imprévisibles de la nature. Le Grammont constitue donc la problématique principale du Bouveret. En hiver, par le fait que le soleil se trouve à une altitude moins élevée que l'été, le Grammont fait aux environs de 13 h 00 un écran total au soleil. Alors qu'à partir du 28 février, par sa position plus élevée dans l'atmosphère, le massif montagneux devient un magnifique fond de paysage où le soleil donne l'impression de parcourir et d'épouser les sommets montagneux à l'image d'un fond de scène où la plaine du Bouveret constituerait la salle de spectacle sous les feux des projecteurs constituaient par le soleil. E n v i r o n n e m e n t D'autre part, Le Bouveret possède un environnement naturel non négligeable puisqu'il offre par exemple la possibilité de se balader sur son massif du Grammont qui possède des sites exceptionnellement beau comme le Lac de Tanay, milieu aquatique situé à 1408 m d'altitude et qui, de plus, vous projette une vue panoramique sur tout le bassin lémanique, des forêts sauvages loin de toutes nuisances urbaines, la proximité de la France pour ses produits du terroir et son caractère méditerannén, et surtout la présence du Lac Léman qui reste tout de même le principal atout de Port-Valais. Il est donc facile d'expliquer pourquoi grand nombre de famille ont décidé de s'installer au Bouveret. Calme, tranquillité, climat favorable sont les mots clés du lieu. D'autres infrastructures de loisirs se trouvent également à proximité : le labyrinthe de St-Maurice, les mines de sel à Bex, le domaine skiable de Morgins, le casino d'Evian. Si nous poursuivons ce raisonnement, il paraît donc aussi logique que le tourisme soit venu agrémenter l'identité du lieu. Car le Bouveret est un lieu de villégiature par excellence. Il s'ouvre par sa situation géographique favorable à un tourisme élargi, varié, selon les motivations propres de tout consommateur de loisirs : * Les travailleurs vaudois et/ou valaisans oeuvrant dans leurs villes respectives à proximité du Bouveret qui désirent simplement venir pratiquer leur sport nautique favori, ou tout simplement se balader et que l'on pourrait nommer les touristes quotidiens * La famille valaisanne ou vaudoise (région de Aigle-Bex) qui s'offre une après-midi de détente au bord du lac que l'on nommera tourisme hebdomadaire /week-end) * Et le touriste étranger séduit par le paysage séjournant sur place durant la période estivale Selon les statistiques de l'office du Tourisme du lieu, le principal et plus important mode de villégiature du Bouveret est constitué par le tourisme estival. A l'heure actuelle, l'offre se dirige principalement vers le camping, car il n'existe qu'une dizaine d'unité d'appartements de vacances, et quelques hôtels. La haute saison est chaque année marquée par un succès total. Les trois modes d'hébergement que propose le site (camping, appartement et hôtel) affichent complet. D i a g n o s t i c d e l a p r o b l é m a t i q u e Le dessein et l'évolution rapide qu'a connu et que connaît maintenant encore le Bouveret a certes engendré beaucoup de points positifs pour la commune, mais le plan directeur établi en 1984 par le service de l'Aménagement du Territoire du canton du Valais ne répond plus au besoins réels du site. On remarque qu'il existe un grand nombre de conflits que celui-ci n'a put absorber durant ces quinze dernières années : * Conflit lié au paysage et à l'environnement construit Le premier conflit qui constitue l'un des problèmes fondamentaux du Bouveret est l'accès au site, toute la régulation du trafic routier (diap. 1) et des zones de stationnement (diaps 2-4-5-6). En effet, la porte du Scex par laquelle accèdent tout les visiteurs des cantons voisins n'est absolument pas en mesure de supporter le flux important des automobilistes qui, de plus, demeure l'unique voie terrestre reliant la France voisine au canton de Vaud et au reste de la Suisse. Le transport ferroviaire est néant et précaire, puisque la fréquence des pendulaires est très faible, et très mal desservi. Suite à la construction du petit train Swiss-vapeur et de l'Aqua Park, bâtiment ludique destiné au loisir qui vient par ailleurs de rapporter la palme du développement touristique au Bouveret (cf. Le Nouvelliste, 20.11.00), l'intensité du trafic a pris une telle ampleur que la mobilité, la tranquillité et la quiétude du lieu est menacée. La route menant du village à l'Aqua Park qui longe le lac Léman et toutes ses habitations, génère un va et vient continu de voitures qui provoque tout d'abord des nuisances sonores certaines, puis un sentiment d'insécurité pour les usagers piétonniers désirant profiter des abords du lac. La juxtaposition de ces deux derniers éléments ne peut être gérer dans une même zone. Les places de stationnement existantes viennent empiéter sur la zone récréative, réduisant l'espace déjà restreint au profit de l'usager. D'autre part, dans sa composition actuelle, le chantier naval implanté dans le port de plaisance ne constitue pas un élément susceptible d'alimenter une zone publique et récréative (diap. 2). On remarque également la présence de petites constructions éphémères telles qu'une buvette et une glacière afin de pallier à un manque évident d'éléments substantiels au bon fonctionnement d'un lieu publique (diap. 3). Les locaux de la société de sauvetage et de la police du Lac crée une barrière visuelle entre l'horizon lacustre et le promeneur. Idem pour la végétation longeant les campings de Rive - Bleue et de passage (diap. 7) : une haie de 2.50 à 3.00 m obstrue totalement la vision, si bien que l'on peut se demander s'il on ne cherche pas à cacher la présence de l'eau ! * Conflit lié aux activités En complément du dernier point cité ci-dessus, la nette augmentation du taux de fréquentation du Bouveret exige également une réflexion sur la mise à jour des infrastructures afin que l'offre soit substantiellement capable de répondre à la demande des nouveaux consommateurs : la zone récréative doit être en mesure d'accueillir un nombre de touristes plus important, de développer et d'offrir de nouvelles activités. La capacité d'accueil et d'hébergement est aussi contrainte à une demande croissante de nuitées. Le site doit être en mesure de loger ses visiteurs. (cf. Note sur le mode d'hébergement - office du Tourisme du Bouveret) * Conflit lié à la propriété privée Toutefois, cette évolution ne doit pas être au détriment de la population résidante. La mise en place de nouvelles infrastructures doit respecter l'identité et l'esprit du lieu, afin que les villageois ne se sentent pas étranger ou déranger dans leur mode de vie : nuisances sonores, sécurité mentalité... (diap. 8) (exemple de Bali / Indonésie, Pukhet / Thaïlande). (cf. Diapositive Aqua Park - unité d'habitation familiale) O p t i m i s a t i o n d u s i t e L'optimisation du site exige une nouvelle définition de l'aménagement du territoire qui intègre, supporte et gère tous les artifices énoncés auparavant. Le canton du Valais mandata dans les années 90 l'architecte Luigi Snozzi pour l'étude d'un nouveau concept d'aménagement du territoire au Bouveret. La proposition datée de 1991 engendre certes une profonde restructuration du lieu, mais semble judicieuse et d'actualité. En effet, celle-ci révèle l'intérêt que Snozzi a déjà porté à cette époque à ces problèmes liés au trafic routier, de l'aménagement des rives du Bouveret et au plan d'affectation des différents zones d'activités, (similaires aux conflits énoncés au chapitre précédent). P l a n d i r e c t e u r d e L . S n o z z i 1. Construction d'un axe routier reliant la route cantonale aux berges du Rhône. Celle-ci permet de dévier le trafic afin de régulariser les conditions de sécurité et les nuisances sonores provoquées par les voitures et délimite de manière très précise la séparation de la zone récréative et la zone résidentielle de la zone agricole et de la zone industrielle. Le long de cette nouvelle route s'implante toute la zone sportive. 2. Délimitation précise d'une grande aire de détente avec place de parcs qui forme la limite de la zone à forte densité. 3. Valorisation du front du lac et du canal Stockalper par la construction de quatre tours qui assument le rôle d'éléments référentiels à l'échelle géographique du lac et de la vallée du Rhône. 4. Déplacement de la zone de camping le long de la berge du Rhône. 5. Libération de la rive du lac et création d'un nouveau petit port. P R O P O S I T I O N D ' I N T E R V E N T I O N E T C O N C E P T L'intervention de ce travail aborde donc la mise en valeur de la topographie du site. Sur la base saine de la proposition de l'architecte Snozzi qui tend à résoudre les grands conflits du territoire qui sont principalement, nous l'avons vu, le trafic routier dans le village même et la réorganisation des différentes zones d'affectation, la thématique de ce diplôme s'oriente vers un renforcement des activités touristiques, qui sont précaires à l'heure actuelle. La construction de l'Aquapark est devenu un intérêt et un atout touristique pour le Bouveret, mais en ce qui concerne les loisirs nautiques tels que la voile, le ski nautique, les jeux de plages, le Bouveret doit offrir une structure plus concrète que ce qu'il propose actuellement. La première intervention s'articule autour des cheminements et des parcours qui vont structurer les liens entre la rive du Lac, l'ensemble du village et la nouvelle zone sportive. Le but de ces cheminements est d'insuffler aux visiteurs l'envie de se rendre à pied d'un point à un autre sous forme de ballade agrémentée par de simples éléments naturels tels que la végétation et l'eau, qui par conséquence réduira encore le flux du trafic routier. Ces parcours prennent forme sous deux axes longitudinaux qui débuteront depuis la nouvelle route de la plaine pour se terminer sur les rives. L'un d'entre eux se développera le long du canal Stockalper pour déboucher sur la nouvelle zone récréative du Bouveret ainsi que sur le port de plaisance. Le deuxième se situera le long du petit canal délimitant la zone de forte densité de la zone de faible densité et débouchera sur la plage existante. Ce dernier soulignera également un lien entre la zone d'activité touristique et le complexe de villégiature situé dans " la Petite Camargue ". Ces deux parcours renforceront les deux autres axes existants dont l'un se situe le long du vieux village et l'autre sur les berges du Rhône. La route qui ceinture la rive se verra légèrement rectifiée dans le but de redéfinir l'extrémité Ouest qui accueille à ce jour la zone industrielle lacustre. Celle-ci délimitera de manière très précise une nouvelle limite latérale entre la zone industrielle et la zone de tourisme, alors que la limite Sud-Est sera marquée par la réouverture en surface du canal qui longe la zone de camping et Aquapark. Ceci complétera le dispositif général de l'aménagement mis en place par le plan directeur de L. Snozzi. Cette intervention exigera certes une nouvelle restructuration du complexe industriel, mais se justifiera par l'apport d'une nouvelle promenade de plaisance et par un complément d'activités touristiques. Celle-ci pourra débuter le long des berges pour accéder à l'embouchure du Rhône et du Lac Léman. Cette rotule qui redistribuera vers le village sera ponctuée par une jetée qui s'orientera vers le Bouveret et sera alimenté par un amphithéâtre extérieur, comprenant des locaux tels qu'un kiosque et une buvette. Une nouvelle passerelle est prévue entre Aquapark et la zone de camping afin de rallier la réserve naturelle située de l'autre côté du Rhône pour des ballades ou du sport en forêt. D'autre part, afin de pallier à certaines défaillance dans le secteur des infrastructures touristiques ( réf. aux conflits), un nouveau programme d'activités intérieures et extérieures est proposé. Celui-ci composé entre autre d'une école de voile, d'un centre d'aviron, d'une salle jeux, divers espaces publiques et l'aménagement d'une nouvelle portion de la rive, sera complété par un programme de logement estival, pour des raisons climatiques et d'organisation de la zone dite récréative ( en référence au chapitre de l'ensoleillement et de la problématique) la mise en place et l'implantation de ce programme se situera le long du nouveau tronçon menant vers l'embouchure du Lac et du Rhône, en lieu et place de la zone industrielle. En effet, étant donné la faible intensité de son activité et dans l'intérêt du projet, ce choix impliquera la disparition progressive du complexe dans cette portion précise du territoire. Son activité à l'embouchure du Rhône pourra être maintenue selon les nécessités requises, par l'intermédiaire d'une péniche qui ne stationnera que lors de la récupération des alluvions. Après quoi, la péniche se verra contrainte de rentrer à son lieu de mouillage, comme les autres péniches oeuvrant sur le lac Léman. La position du nouveau programme d'activités jouira des meilleures conditions d'ensoleillement du village. Enfin, elle confirmera la volonté de " sectoriser " les eaux du Lac des rives du Bouveret en lui vouant une partie navigable pour les voiliers et bateaux à moteurs dans le prolongement du port, alors que la partie Nord sera destinée aux jeux nautiques et à la baignade. Tout le programme visera à une bonne intégration dans le site dont la végétation existante sur la rive viendra presque effacer l'existence du programme. Le but de ce projet et de respecter la force et l'identité du lieu. Il s'oppose à une transformation radicale. Il ne recherche pas une concentration de masse touristique, mais s'adresse à public initié, amoureux de la nature, des ballades, au Lac et aux sports nautiques. Il s'oppose à un programme d'activités nocturnes comme pourrait l'offrir des endroits tels que Ibiza, Majorque, ou encore Bali. Le touriste vient au Bouveret pour fuir la ville et le stress, et privilégier la relation familiale. P R I N C I P E S D ' O R G A N I S A T I O N S P A T I A L E Le programme d'activités touristiques se répand sur les 400 mètres du nouveau tronçon longeant le canal utilisé autrefois par le complexe industriel. Il s'insère de manière linéaire et parallèle à la route et au canal. Il souligne et accompagne le parcours du piéton jusqu'à la tête du bras et fait front à une zone d'habitation saisonnière. Ces habitations s'articule autour d'un principe d'implantation en forme de L créant un espace commun extérieur, accessible aux usagers et aux promeneurs, qui regroupe un parc-jardin à des terrains de jeux. Ces lotissements offriront des appartements à typologie variée : duplex, simplex et dortoirs pour des colonies de vacances. Ces logements dialogueront avec " la plate-forme publique " projetée sous forme de structure d'accueil, offrant ainsi une plus grande flexibilité quant à sa variété d'aménagement. Le choix de cette forme architecturale tente de répondre aux différentes affectations qu'engendre par exemple le phénomène des saisons ( été - hiver). Celle-ci fonctionne comme une petite ruelle intérieure qui redistribuera vers les différents secteurs d'activités du projet, ou mènera, par le biais de passerelles, vers la rive caractérisée par son élargissement et reconvertie en un aménagement de plage et de jeux estivaux. En tête de ligne se placent le centre d'aviron et l'école de voile qui caractérisent l'aménagement de la rive par un petit mouillage et un hangar à bateaux, propres aux besoins de telles activités. S'ensuivent des espaces permettant de se détendre avec un salon de bien-être , une salle de jeux, des espaces offrant les accessoires nécessaires à la baignade et aux jeux nautiques, et enfin des espaces offrant la possibilité de se rafraîchir et de se restaurer. L'aménagement de la rive en relation avec ce programme est définit par une zone de plage et des terrains de jeux ( beach-volley, badminton, ballon, ping-pong...). Enfin, la jetée qui s'oriente et s'ouvre vers le village et se profilera par la présence d'un grand escalier qui offrira un espace de détente et vue sur tout le bassin lémanique.